​Le ministre Yankoba Diémé interpelle les médias sur leur responsabilité face au terrorisme « Informer sans attiser, alerter sans affoler »

Le ministre des Forces armées, Yankoba Diémé, a lancé, ce mardi 29 septembre 2026, un appel à la responsabilité des professionnels des médias, à l’occasion de l’ouverture du séminaire consacré à l’initiative « Média de paix ». Dans un contexte marqué par les menaces terroristes, les tensions sociales et la prolifération de la désinformation, il a insisté sur le pouvoir de l’information, capable aussi bien de contribuer à l’apaisement que d’exacerber les fractures. « Informer sans attiser. Alerter sans affoler. Rendre compte sans stigmatiser. Donner la parole sans opposer », a t’il déclaré, en soulignant que la recherche de la paix ne saurait se faire au détriment de la vérité.





Pour Yankoba Diémé, le terrorisme ne se limite pas aux pertes humaines et à la déstabilisation des institutions. Il cherche également à « produire de la peur, à fragiliser la confiance, à polariser les sociétés et à influencer les perceptions ». Face à cette stratégie, le ministre considère que les médias occupent une place primordiale. « Le journaliste est souvent celui qui arrive le premier, celui qui recueille la parole, celui qui raconte les événements et celui qui contribue à façonner la compréhension que la société se fait d’une crise », a t’il rappelé. Une responsabilité qui, selon lui, impose aux professionnels de l’information une vigilance particulière dans le traitement des sujets sensibles.

Le ministre a notamment insisté sur la nécessité de repenser la manière de couvrir les crises, sans remettre en cause la mission fondamentale du journaliste. « Il ne s’agit évidemment pas de vous demander de vous départir de votre mission d’information, de votre indépendance ou de votre devoir de questionnement », a t’il précisé. L’objectif est plutôt de renforcer les capacités des professionnels afin qu’ils puissent traiter les questions liées au terrorisme et à l’extrémisme violent avec « rigueur, responsabilité, discernement et humanité ». Pour lui, un traitement médiatique inapproprié peut involontairement alimenter la peur, stigmatiser des communautés entières ou contribuer à la diffusion de récits exploités par les groupes violents.

Yankoba Diémé a également mis en avant le rôle particulier des médias communautaires, dont la proximité avec les populations constitue, selon lui, un levier important de prévention des conflits. Leur connaissance des territoires, des langues et des réalités sociales leur confère une capacité d’action en faveur de la cohésion sociale. Le ministre les appelle ainsi à valoriser les initiatives locales de paix, à déconstruire les rumeurs et à contribuer à restaurer la confiance entre les populations, les institutions et les forces chargées de la protection des citoyens. « Investir dans la formation des journalistes, c’est investir dans la résilience des sociétés », a t’il affirmé.

Autre point central de son intervention : les risques liés à la désinformation et à l’évolution des technologies. Face à « la dictature de l’immédiateté et le vacarme informationnel », amplifiés par les réseaux sociaux, le ministre a insisté sur l’urgence de développer des mécanismes de vérification. Il a également alerté sur les possibilités de manipulation des perceptions offertes par l’intelligence artificielle, notamment à travers la production d’images et de messages artificiellement générés. Dans ce contexte, il estime indispensable de préserver la fiabilité de l’information grâce à la vérification, à la contextualisation et à un traitement responsable des contenus diffusés.

En lançant officiellement l’initiative « Média de paix », Yankoba Diémé a enfin appelé les journalistes à faire de cette démarche un engagement durable, au delà des ateliers de formation. « Faire du média non pas un amplificateur des fractures, mais un instrument de rapprochement », a t’il exhorté, invitant les participants à partager leurs expériences et à interroger leurs pratiques professionnelles. Pour le ministre, l’enjeu est de faire de l’information un outil de résilience, de dialogue et de cohésion sociale, sans renoncer aux exigences du métier. « Informer est une responsabilité. Informer en période de crise est une responsabilité encore plus grande. Informer pour la paix est une responsabilité qui vous engage tous », a t’il conclu.
Mardi 29 Septembre 2026
Abdou Karim Mbacke Ndiaye

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