​COUD : « Le spectre de la faim plane sur les campus », l’intersyndicale menace de paralyser les services




Le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) est au bord d’une nouvelle zone de turbulences. Face à un budget jugé insuffisant, à l’accumulation des dettes envers les repreneurs des restaurants universitaires et à la dégradation des conditions de travail, l’intersyndicale des travailleurs hausse le ton. Par la voix d’Aliou Faye, secrétaire général d’un syndicat membre de l’intersyndicale, les travailleurs agitent la menace d’une grève immédiate, susceptible de perturber lourdement le fonctionnement des campus sociaux.

Au cœur de la colère syndicale, une équation financière jugée intenable : près de 92 000 étudiants pour un budget d’environ 23 milliards de FCFA, selon Aliou Faye. Le syndicaliste dénonce notamment la disparition, depuis 2024, d’une rallonge budgétaire annuelle de 10 milliards de FCFA, qui permettait jusque-là de soutenir le fonctionnement du COUD à chaque rentrée universitaire. Pour l’intersyndicale, cette baisse des ressources, non compensée dans le budget initial, fragilise directement la restauration, l’hébergement, le transport et les services sanitaires et sociaux destinés aux étudiants.

La menace la plus immédiate concerne les restaurants universitaires. Selon Aliou Faye, les repreneurs, confrontés à des créances impayées, ont ouvertement menacé de ne pas assurer la préparation des repas à la rentrée. Une perspective particulièrement préoccupante dans un contexte de reprise progressive des activités universitaires et d’afflux des étudiants sur les campus. En 2025, le COUD aurait servi près de 14,3 millions de repas, un volume qui illustre l’ampleur de ses missions. « Sans repas, il n’y aura pas de paix sociale dans l’espace universitaire », avertit le représentant syndical, qui redoute une aggravation des tensions si aucune solution financière n’est rapidement trouvée.

Mais la crise ne se limite pas à la restauration. L’intersyndicale pointe également la vétusté des pavillons, la surpopulation des chambres, la dégradation des équipements et l’insuffisance des infrastructures face à la croissance des effectifs. Elle réclame une revalorisation substantielle du budget, indexée sur l’évolution du nombre d’étudiants, un mécanisme d’ajustement annuel des dotations, un programme d’investissement pour les infrastructures ainsi que le paiement effectif de l’indemnité de logement du personnel. Les travailleurs dénoncent également des conditions de travail difficiles et préviennent que l’arrêt des activités du personnel administratif, technique et de service pourrait paralyser la gestion quotidienne des campus.

L’intersyndicale interpelle directement les autorités, notamment le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Premier ministre et le ministre des Finances. Aliou Faye reproche au nouveau ministre de ne pas encore avoir visité les campus sociaux depuis sa nomination et l’invite à venir constater l’ampleur des difficultés. Tout en affirmant rester ouverte au dialogue, l’intersyndicale prévient qu’elle ne se contentera plus de promesses. À défaut de réponses concrètes, elle menace de passer à l’action, avec le risque d’une paralysie des services sociaux universitaires au moment même où l’année académique démarre. Une crise dont les premières victimes pourraient être les étudiants, déjà dépendants du dispositif social pour poursuivre leurs études dans des conditions acceptables.
Samedi 17 Octobre 2026

Dans la même rubrique :