Dans les discours officiels, la justice est présentée comme aveugle, équitable et impartiale. Dans la réalité quotidienne de nombreux citoyens sénégalais, elle est tout le contraire. Elle voit très bien. Elle choisit. Elle protège les puissants et frappe les faibles.
Depuis des années, une colère sourde traverse la société : celle d’un peuple qui voit des magistrats corrompus, des ministres détourner l’argent public, des riches et leurs enfants impliqués dans le trafic de drogue, sans jamais être inquiétés. Pendant ce temps, le pauvre, lui, est arrêté, jugé rapidement et emprisonné pour avoir volé un pain afin de survivre.
Des magistrats qui trahissent leur serment
La magistrature devrait être le dernier rempart contre l’injustice. Pourtant, certains magistrats ont transformé leur robe en bouclier personnel, et la loi en marchandise. Des dossiers disparaissent. Des procédures traînent volontairement. Des décisions sont influencées par l’argent, les relations, les pressions politiques.
Quand la justice se vend, elle cesse d’être justice. Elle devient un instrument de domination sociale. Le citoyen ordinaire le sait : sans relations, sans argent, sans nom de famille influent, il est condamné d’avance.
Des ministres intouchables, malgré les détournements
Les scandales de détournement de fonds publics se succèdent. Des milliards disparaissent. Des rapports existent. Des preuves circulent. Et pourtant, presque jamais de sanctions. Pas de prison. Pas de procès exemplaires. Pas de restitution réelle.
Cet argent volé n’est pas abstrait. Ce sont des hôpitaux non construits, des écoles délabrées, des médicaments absents, des jeunes sans avenir. Pendant que certains s’enrichissent, des familles s’enfoncent dans la misère.
L’impunité des élites politiques est un poison lent. Elle détruit la confiance, encourage la corruption et pousse les citoyens au désespoir ou à la révolte silencieuse.
La drogue des riches, la prison des pauvres
Dans certains quartiers, tout le monde sait. Les enfants de familles puissantes vendent ou consomment de la drogue en toute tranquillité. Ils sont protégés par leur nom, leur argent, leurs relations. Quand ils sont arrêtés, s’ils le sont, l’affaire est étouffée, réglée discrètement, effacée.
À l’inverse, le jeune pauvre, sans protection, devient la cible idéale. Il est arrêté, exhibé, condamné lourdement. La loi s’abat sur lui avec une brutalité implacable. Deux poids, deux mesures. Une justice de classe.
Voler pour survivre, puni comme un criminel
Le paradoxe est cruel. Celui qui vole des millions bénéficie de délais, d’avocats puissants, de protections politiques. Celui qui vole un pain pour manger est jeté en prison. Comme si la faim était un crime. Comme si la misère était une faute morale.
Cette logique est inhumaine. Elle criminalise la pauvreté au lieu de combattre ses causes. Elle transforme les prisons en dépotoirs sociaux, remplis de pauvres, pendant que les véritables prédateurs économiques circulent librement.
Une société qui se fracture
Cette injustice systémique ne peut pas durer sans conséquences. Elle nourrit la colère, la défiance envers l’État, le rejet des institutions. Quand la justice ne protège plus, les citoyens cessent d’y croire. Et une société sans confiance est une société fragile, prête à imploser.
Dénoncer cette réalité n’est pas un acte de haine. C’est un acte de lucidité. Une démocratie ne se juge pas à ses discours, mais à la manière dont elle traite les plus vulnérables et sanctionne les plus puissants.
Pour une justice digne de ce nom
Le Sénégal n’a pas besoin de lois supplémentaires. Il a besoin de courage. Le courage de juger les puissants. Le courage de sanctionner la corruption, où qu’elle se trouve. Le courage de protéger les pauvres au lieu de les punir.
Une justice à deux vitesses n’est pas une justice.
C’est une injustice organisée.
Et tant que cette réalité sera niée, la colère du peuple continuera de grandir, silencieuse, mais déterminée.
Ousmane Ba, activiste
Depuis des années, une colère sourde traverse la société : celle d’un peuple qui voit des magistrats corrompus, des ministres détourner l’argent public, des riches et leurs enfants impliqués dans le trafic de drogue, sans jamais être inquiétés. Pendant ce temps, le pauvre, lui, est arrêté, jugé rapidement et emprisonné pour avoir volé un pain afin de survivre.
Des magistrats qui trahissent leur serment
La magistrature devrait être le dernier rempart contre l’injustice. Pourtant, certains magistrats ont transformé leur robe en bouclier personnel, et la loi en marchandise. Des dossiers disparaissent. Des procédures traînent volontairement. Des décisions sont influencées par l’argent, les relations, les pressions politiques.
Quand la justice se vend, elle cesse d’être justice. Elle devient un instrument de domination sociale. Le citoyen ordinaire le sait : sans relations, sans argent, sans nom de famille influent, il est condamné d’avance.
Des ministres intouchables, malgré les détournements
Les scandales de détournement de fonds publics se succèdent. Des milliards disparaissent. Des rapports existent. Des preuves circulent. Et pourtant, presque jamais de sanctions. Pas de prison. Pas de procès exemplaires. Pas de restitution réelle.
Cet argent volé n’est pas abstrait. Ce sont des hôpitaux non construits, des écoles délabrées, des médicaments absents, des jeunes sans avenir. Pendant que certains s’enrichissent, des familles s’enfoncent dans la misère.
L’impunité des élites politiques est un poison lent. Elle détruit la confiance, encourage la corruption et pousse les citoyens au désespoir ou à la révolte silencieuse.
La drogue des riches, la prison des pauvres
Dans certains quartiers, tout le monde sait. Les enfants de familles puissantes vendent ou consomment de la drogue en toute tranquillité. Ils sont protégés par leur nom, leur argent, leurs relations. Quand ils sont arrêtés, s’ils le sont, l’affaire est étouffée, réglée discrètement, effacée.
À l’inverse, le jeune pauvre, sans protection, devient la cible idéale. Il est arrêté, exhibé, condamné lourdement. La loi s’abat sur lui avec une brutalité implacable. Deux poids, deux mesures. Une justice de classe.
Voler pour survivre, puni comme un criminel
Le paradoxe est cruel. Celui qui vole des millions bénéficie de délais, d’avocats puissants, de protections politiques. Celui qui vole un pain pour manger est jeté en prison. Comme si la faim était un crime. Comme si la misère était une faute morale.
Cette logique est inhumaine. Elle criminalise la pauvreté au lieu de combattre ses causes. Elle transforme les prisons en dépotoirs sociaux, remplis de pauvres, pendant que les véritables prédateurs économiques circulent librement.
Une société qui se fracture
Cette injustice systémique ne peut pas durer sans conséquences. Elle nourrit la colère, la défiance envers l’État, le rejet des institutions. Quand la justice ne protège plus, les citoyens cessent d’y croire. Et une société sans confiance est une société fragile, prête à imploser.
Dénoncer cette réalité n’est pas un acte de haine. C’est un acte de lucidité. Une démocratie ne se juge pas à ses discours, mais à la manière dont elle traite les plus vulnérables et sanctionne les plus puissants.
Pour une justice digne de ce nom
Le Sénégal n’a pas besoin de lois supplémentaires. Il a besoin de courage. Le courage de juger les puissants. Le courage de sanctionner la corruption, où qu’elle se trouve. Le courage de protéger les pauvres au lieu de les punir.
Une justice à deux vitesses n’est pas une justice.
C’est une injustice organisée.
Et tant que cette réalité sera niée, la colère du peuple continuera de grandir, silencieuse, mais déterminée.
Ousmane Ba, activiste