Emmanuel Macron estime que l'Union européenne doit « s'attaquer à l'hégémonie du dollar » et instaurer une « préférence européenne » dans plusieurs secteurs, notamment les technologies vertes et le numérique, mais aussi la défense et la sécurité. Dans un entretien publié ce 10 février par plusieurs journaux européens, le président français a relancé l'idée d'un endettement commun européen.
Dans une interview donnée à plusieurs médias français et européens dont Le Monde, The Economist et la Suddeutsche Zeitung, Emmanuel Macron a identifié trois chantiers prioritaires pour l'Europe : la défense, la transition écologique et l'intelligence artificielle. Face aux investissements massifs de la Chine et des États-Unis, le sort industriel des Européens pourrait ainsi être scellé en « 3 à 5 ans », selon lui.
Un appel à une révolution industrielle européenne
Le président français appelle à une « révolution » continentale pour réduire la dépendance aux États-Unis et à la Chine, évoquant un « état d'urgence géopolitique et géo-économique ». Après ce qu'il appelle « le moment Groenland », il met en garde contre « une forme de lâche soulagement » des dirigeants des pays de l'Union européenne « au sortir du pic de la crise» avec le président américain Donald Trump. « Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d'un seul coup, Washington recule. Et on pense que c'est fini. Mais n'y croyez pas une seule seconde. Chaque jour, les menaces sur la pharmacie, le numérique...», estime-t-il.
« Les États-Unis vont dans les prochains mois, c'est sûr, nous attaquer sur la régulation du numérique », ajoute-t-il aussi.
Emmanuel Macron entame ce 10 février une série de déplacements sur ses priorités économiques. Il sera à Dunkerque sur un site ArcelorMittal avant de se rendre mercredi 11 février à Anvers à un sommet sur l'industrie européenne avec le chancelier allemand Friedrich Merz et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, puis jeudi 12 février, il participera à une réunion informelle des dirigeants des Vingt-Sept sur le dossier-clé de la compétitivité. Ces trois chantiers seront au menu du sommet informel de jeudi, qui pourrait déboucher sur un agenda législatif pour accélérer leur mise en oeuvre. S'il n'y a pas d'accord à Vingt-Sept, la France est « prête à passer à des coopérations renforcées dans les mois qui viennent » avec les Etats volontaires, a fait savoir l'entourage du président.
Vers un nouvel emprunt européen ?
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Autre sujet abordé dans la presse européenne ce 10 février, l'idée d'un endettement commun européen. Les 27 ont déjà émis une dette commune après la pandémie de Covid-19 pour financer le plan de relance des économies européennes. Mais le président français veut aller plus loin et plaide pour un nouvel emprunt qui permettrait de financer des investissements stratégiques. Il évalue les besoins d'investissements publics et privés dans l'UE à « quelque 1 200 milliards d'euros par an » en additionnant les nécessités dans « les technologies vertes et numériques » et « la défense et la sécurité ».
« C'est le moment de lancer une capacité commune d'endettement pour ces dépenses d'avenir, des eurobonds d'avenir », martèle le président français dans cet entretien.
Pour Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG, interrogé par RFI, financer ces investissements pharaoniques par une dette commune européenne aurait deux avantages : « Le premier, c'est d'avoir une dette publique unique qui pourrait vraiment concurrencer la dette publique américaine, qui aiderait à l'internationalisation de l'euro. Et le deuxième, qui est le plus important, ce serait de permettre aux États les plus endettés de bénéficier du moindre endettement des autres et d'avoir des capacités d'endettement accrues », analyse-t-il.
S'il n'y a pas d'obstacles techniques à l'émission d'une dette commune, selon le chercheur, il existe de nombreux obstacles politiques, à commencer par la très forte réticence de l'Allemagne : « C'est la cigale qui vient dire à la fourmi, les marchés ne veulent plus me prêter (ou) seulement à des taux très élevés, est-ce que tu veux bien co-signer l'emprunt avec moi, avec ta crédibilité l'emprunt sera moins cher ? C'est ça l'idée. Alors on peut comprendre que c'est pas facile à accepter pour les pays qui se sont moins endettés et surtout de le vendre à leur opinion publique ».
Dans une interview donnée à plusieurs médias français et européens dont Le Monde, The Economist et la Suddeutsche Zeitung, Emmanuel Macron a identifié trois chantiers prioritaires pour l'Europe : la défense, la transition écologique et l'intelligence artificielle. Face aux investissements massifs de la Chine et des États-Unis, le sort industriel des Européens pourrait ainsi être scellé en « 3 à 5 ans », selon lui.
Un appel à une révolution industrielle européenne
Le président français appelle à une « révolution » continentale pour réduire la dépendance aux États-Unis et à la Chine, évoquant un « état d'urgence géopolitique et géo-économique ». Après ce qu'il appelle « le moment Groenland », il met en garde contre « une forme de lâche soulagement » des dirigeants des pays de l'Union européenne « au sortir du pic de la crise» avec le président américain Donald Trump. « Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d'un seul coup, Washington recule. Et on pense que c'est fini. Mais n'y croyez pas une seule seconde. Chaque jour, les menaces sur la pharmacie, le numérique...», estime-t-il.
« Les États-Unis vont dans les prochains mois, c'est sûr, nous attaquer sur la régulation du numérique », ajoute-t-il aussi.
Emmanuel Macron entame ce 10 février une série de déplacements sur ses priorités économiques. Il sera à Dunkerque sur un site ArcelorMittal avant de se rendre mercredi 11 février à Anvers à un sommet sur l'industrie européenne avec le chancelier allemand Friedrich Merz et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, puis jeudi 12 février, il participera à une réunion informelle des dirigeants des Vingt-Sept sur le dossier-clé de la compétitivité. Ces trois chantiers seront au menu du sommet informel de jeudi, qui pourrait déboucher sur un agenda législatif pour accélérer leur mise en oeuvre. S'il n'y a pas d'accord à Vingt-Sept, la France est « prête à passer à des coopérations renforcées dans les mois qui viennent » avec les Etats volontaires, a fait savoir l'entourage du président.
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Autre sujet abordé dans la presse européenne ce 10 février, l'idée d'un endettement commun européen. Les 27 ont déjà émis une dette commune après la pandémie de Covid-19 pour financer le plan de relance des économies européennes. Mais le président français veut aller plus loin et plaide pour un nouvel emprunt qui permettrait de financer des investissements stratégiques. Il évalue les besoins d'investissements publics et privés dans l'UE à « quelque 1 200 milliards d'euros par an » en additionnant les nécessités dans « les technologies vertes et numériques » et « la défense et la sécurité ».
« C'est le moment de lancer une capacité commune d'endettement pour ces dépenses d'avenir, des eurobonds d'avenir », martèle le président français dans cet entretien.
Pour Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG, interrogé par RFI, financer ces investissements pharaoniques par une dette commune européenne aurait deux avantages : « Le premier, c'est d'avoir une dette publique unique qui pourrait vraiment concurrencer la dette publique américaine, qui aiderait à l'internationalisation de l'euro. Et le deuxième, qui est le plus important, ce serait de permettre aux États les plus endettés de bénéficier du moindre endettement des autres et d'avoir des capacités d'endettement accrues », analyse-t-il.
S'il n'y a pas d'obstacles techniques à l'émission d'une dette commune, selon le chercheur, il existe de nombreux obstacles politiques, à commencer par la très forte réticence de l'Allemagne : « C'est la cigale qui vient dire à la fourmi, les marchés ne veulent plus me prêter (ou) seulement à des taux très élevés, est-ce que tu veux bien co-signer l'emprunt avec moi, avec ta crédibilité l'emprunt sera moins cher ? C'est ça l'idée. Alors on peut comprendre que c'est pas facile à accepter pour les pays qui se sont moins endettés et surtout de le vendre à leur opinion publique ».

