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30 ANS DU DAARA AÏCHA : 2 028 JEUNES FILLES FORMÉES, LE PLAIDOYER POUR REVALORISER LES DAARAS





Trente ans après sa création, le Daara Aïcha Oummoul Mouminine veut remettre la formation des jeunes filles et la place des daaras au cœur du débat éducatif. Lors de la célébration de son trentenaire, ce samedi à l’Esplanade du Stade Léopold Sédar Senghor, la directrice et fondatrice, Ya Seyda Adja Bineta Thiaw, a rappelé le parcours de l’institution et appelé à une nouvelle perception de l’enseignement coranique.

Fondé en 1996, le Daara Aïcha revendique 2 028 personnes formées en trois décennies. Des jeunes filles venues du Sénégal, de la sous-région et de la diaspora ont été accompagnées dans la mémorisation du Coran et l’apprentissage des valeurs islamiques. Pour la direction, l’enjeu ne se limite toutefois pas à la transmission religieuse : il s’agit également de permettre aux pensionnaires de poursuivre une formation académique afin de mieux préparer leur avenir.

Former les filles pour transformer les générations : c’est l’un des messages forts portés lors de cette célébration. Ya Seyda Adja Bineta Thiaw estime que les capacités des jeunes filles ne doivent pas être limitées par les représentations traditionnelles qui les opposent aux garçons. Selon elle, une fille formée au Coran, instruite et préparée aux réalités de la société peut devenir à son tour un repère et contribuer à l’éducation de toute une génération.

Mais le discours s’est surtout voulu comme un plaidoyer pour la revalorisation des daaras. La fondatrice appelle à dépasser les anciennes perceptions de ces structures et à accompagner leur modernisation. Elle défend notamment le modèle des daaras capables d’associer mémorisation du Coran, éducation religieuse et apprentissages académiques, afin de répondre aux exigences d’un environnement éducatif en pleine évolution.

Pour les responsables du Daara Aïcha, cette évolution constitue désormais un enjeu de société. L’appel lancé aux familles est clair : ne plus considérer le daara uniquement comme un espace réservé à l’apprentissage religieux, mais aussi comme un cadre pouvant participer à la formation globale de l’enfant. La célébration des 30 ans a ainsi servi de tribune pour interroger la place que le Sénégal souhaite accorder aux daaras dans son modèle éducatif.

Au-delà des discours, cette journée anniversaire a également été consacrée à la reconnaissance de ceux qui ont accompagné l’institution durant ces trois décennies : parents, enseignants, personnels et partenaires. 
Samedi 3 Octobre 2026
Abdou Karim Mbacke Ndiaye


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